Les Ciseaux d'Or — Grand entretien
« La peau te dit tout, à condition de savoir écouter. »
Katia Ponnet est de celles qui ne toilettent pas, elles construisent. Formée à l'école belge, primée en Europe, elle nous ouvre son atelier pour parler peau, poil dur, show grooming, et le rôle qu'ont pris l'ozone et l'Hydra Boost dans sa pratique quotidienne.
Entretien
Les Ciseaux d'Or
Réalisé par
Élisabeth V.
Publié
Juin 2026
Katia nous reçoit dans son salon, quelque part entre Gand et Bruges, un début d'après-midi calme. Sur la table de coupe, un Fox Terrier attend patiemment son tour, l'œil vif. Dans le fond, la baignoire ozone bourdonne doucement — un client la teste sur son Golden pour la première fois.
Elle a accepté qu'on prenne le temps. Pas d'entretien minuté, pas de réponse toute faite. On a parlé peau, on a parlé mains, on a parlé de gens. Voilà ce qui est ressorti de deux heures de conversation.
Katia, on va commencer par le début. Ton parcours — comment on devient toiletteuse pro à ton niveau ?
Ah, le début… Ça fait longtemps que personne me l'a demandé, celui-là. J'ai commencé assez jeune, à seize ans j'étais déjà dans un salon en apprentissage. Mais bon, à l'époque en Belgique le toilettage c'était encore un peu vu comme un métier de second choix, tu vois. On te disait "fais des vraies études", et moi je disais non, moi je veux les chiens.
J'ai fait ma formation initiale à l'école de toilettage flamande, et après j'ai enchaîné avec plusieurs stages en Angleterre, chez des éleveurs de terriers surtout. Parce que c'est là-bas que tu apprends vraiment le poil dur, l'épilation, le vrai stripping avec les mains. Les Anglais, ils ont ça dans le sang, ils font ça depuis toujours. J'ai passé des mois à ne faire que ça, à me tromper, à recommencer.
Après j'ai bougé en Italie aussi, parce que là-bas c'est un autre univers — les show grooming, les caniches, la technique européenne continentale. Et c'est à ce moment-là que j'ai vraiment découvert Special One en profondeur. Avant je les connaissais de nom, mais c'est en travaillant avec des maîtres italiens que j'ai compris la philosophie derrière la gamme.
Tes idoles du toilettage, ce sont qui ?
Alors c'est une question dangereuse ça, parce que si je cite j'en oublie forcément. Mais bon, je vais dire quelques noms.
D'abord Sue Zecco, évidemment. Cette femme c'est une légende, ce qu'elle sait faire sur un Bichon ou un Caniche c'est… je regarde ses masterclass encore aujourd'hui, après vingt ans de métier. C'est humiliant et inspirant à la fois.
Ensuite Peter Young, pour le poil dur. C'est mon référent absolu sur les terriers. Sa précision, sa lecture du chien, sa façon d'expliquer — même en anglais avec un accent à couper au couteau, tu comprends tout parce que c'est logique. Il te fait aimer le stripping, il te fait comprendre que c'est pas violent, c'est respecté.
« Peter Young m'a fait comprendre que le stripping bien fait, c'est du soin. Pas de la torture. Ça a changé toute ma pratique. »
Et puis chez nous en Europe continentale, Umberto Lehmann pour tout ce qui est finition ciseaux, et bien sûr toute l'équipe pédagogique qui gravite autour de Special One. Les gens qui forment, qui expliquent, qui prennent le temps. Ce sont eux les vraies idoles pour moi, plus que les showmen sur scène.
Et il y a des gens moins connus aussi, hein, des toiletteuses de province qui font un boulot incroyable dans leur coin sans jamais se mettre en avant. Une madame à Charleroi que j'ai croisée une fois, sa façon de gérer les chiens anxieux, j'y pense encore.
Chapitre · 01
Peau, ozone & Special One
Tu as intégré une baignoire ozone dans ton salon il y a quelques années. Pourquoi ce choix ?
Parce que j'avais l'impression de tourner en rond sur certains chiens. Tu as des Spitz qui arrivent avec de l'alopécie, tu as des Yorkshire avec une séborrhée grasse qui reprend semaine après semaine, tu as des Golden avec de l'ichtyose — et tu fais tes bains, tu utilises tes bons produits, mais tu vois bien que tu n'arrives pas à pénétrer vraiment le problème. Tu travailles en surface.
L'ozone c'est un vrai plus là-dessus, parce que ça agit directement au niveau de la peau. Ça oxygène, ça assainit, ça calme les inflammations légères, et ça facilite énormément la pénétration des cosmétiques que tu appliques après. Attention, c'est pas un médicament — je le dis à tous mes clients : "je bosse main dans la main avec votre véto". Mais c'est un complément qui, associé à des produits comme ceux de Special One, donne des résultats qu'on n'atteignait pas avant.
Concrètement, comment tu abordes un Spitz atteint d'alopécie ?
Alors l'alopécie X sur le Spitz — la fameuse "black skin disease" — c'est un cas où tu dois vraiment être patient. Il n'y a pas de solution miracle, mais tu peux beaucoup améliorer les choses avec un travail régulier.
Mon protocole. Je commence par une séance d'ozone, dix à quinze minutes, en cabine ou en baignoire selon le chien et son stress. Ensuite je passe sur Bio Energy en pré-bain, dans lequel j'incorpore une cuillère à café d'Hygro Fluid. J'applique généreusement, je masse doucement pendant cinq bonnes minutes — la peau est fragile, on n'est pas là pour frotter.
Après je pars sur Skincare Pro, mon shampoing huileux non moussant. Sur ce type de peau c'est parfait, parce qu'il nettoie sans agresser, il redonne des lipides à une peau qui en manque. Je le laisse poser dix minutes, comme un vrai soin.
« Sur un Spitz alopécique, tu ne cherches pas à sortir un chien magnifique en une séance. Tu cherches à améliorer sa peau petit à petit. C'est un travail de fond. »
En finition, Beauty Rinse pour équilibrer le pH, et sur les zones les plus abîmées je nébulise Aqua Vita, la mousse effervescente — l'aloe et la vitamine C dedans, sur une peau qui souffre, c'est vraiment apaisant. Le chien se relaxe visiblement.
Je vois ces chiens toutes les trois semaines, minimum. Et au bout de trois-quatre mois, tu commences à voir la peau qui se recolore, le poil qui repousse par endroits. C'est jamais spectaculaire, mais c'est réel.
Le Yorkshire à séborrhée grasse, c'est un autre cas fréquent. Ton approche ?
Le Yorky séborrhéique, c'est frustrant parce que tu as l'impression que le chien "graisse" à nouveau deux jours après ton bain. Les propriétaires te disent "mais je viens de le laver, il est déjà tout gras". Et tu comprends leur agacement.
La clé c'est de comprendre que tu ne dois surtout pas décaper. Si tu utilises un shampoing trop agressif pour "enlever le gras", tu vas déclencher un rebond de séborrhée dans les jours qui suivent. C'est un cercle vicieux classique. Il faut nettoyer en profondeur mais en douceur, et rééquilibrer la peau.
Séance ozone d'abord, dix minutes. Ensuite pré-bain Bio Energy avec une cuillère de Hygro Fluid, temps de pose long — je monte à sept-huit minutes. C'est vraiment le pré-bain qui va faire le travail d'assainissement en profondeur.
Premier shampoing : Aqua Pure, purifiant sans être décapant. Directement sur le pré-bain, sans rincer. Deuxième shampoing : Bain Pro classique, pour renourrir la fibre.
« Le Yorky séborrhéique, tu ne le décapes jamais. Tu l'assainis avec douceur, et tu rééquilibres. Le rebond, c'est ton pire ennemi. »
Masque final Hydrating Cream, léger, sans excès. Et Beauty Rinse pour verrouiller le pH. Résultat : la peau se stabilise sur plusieurs bains, et au bout de deux-trois mois de rythme régulier — toutes les deux semaines idéalement — tu vois vraiment la séborrhée diminuer.
Et l'ichtyose du Golden Retriever ? C'est une pathologie qu'on voit de plus en plus.
Oui, malheureusement. C'est génétique, il y a une prédisposition raciale forte, et les propriétaires découvrent souvent le diagnostic en même temps qu'ils viennent te voir. La peau desquame en grandes plaques, ça ressemble à des paillettes ou des flocons, et ça peut faire peur quand tu ne connais pas.
Pour l'ichtyose du Golden, il faut vraiment une approche hydratation-lipides. La peau produit une kératine défectueuse, elle n'arrive pas à faire son film protecteur normal, donc on l'aide de l'extérieur.
Séance ozone longue, quinze à vingt minutes selon la tolérance du chien. Ensuite Bio Energy en pré-bain, mais là je le prépare différemment : je mélange 200 ml de Bio Energy avec une cuillère à soupe d'Hydrating Cream et deux pressions de 4 Éléments Oil. Ça devient un vrai masque nourrissant qu'on applique dès le début. Pose quinze minutes, en massant régulièrement.
Shampoing Skincare Pro, comme pour le Spitz alopécique. C'est vraiment mon shampoing de référence sur les peaux qui souffrent. Rinçage long.
« L'ichtyose ne se guérit pas, mais elle se stabilise très bien avec un vrai travail de fond. Les propriétaires voient la différence dès le troisième bain. »
Masque final : Hydrating Cream + 4 Éléments Oil, monté au fouet pour bien homogénéiser. Ce cocktail, tu peux même en laisser un peu sur le chien sans rincer complètement, c'est du soin pur.
Et je donne toujours aux propriétaires du Mix Pink à vaporiser à la maison tous les deux-trois jours. Ça hydrate en continu entre les bains, et ça évite que la peau se dessèche à nouveau.
Chapitre · 02
Le meilleur poil des races à épiler
On passe aux terriers et au stripping. Schnauzer, Fox, Cairn, Scottish, Airedale, Welsh, Westie — c'est vraiment ton terrain de prédilection j'ai l'impression.
Ça c'est mon amour absolu. Le poil dur c'est de la sculpture vivante — tu ne le coupes pas, tu le façonnes. Chaque poil est là parce que tu l'as autorisé à y être, et chaque poil manquant, tu l'as choisi. C'est un travail lent, précis, méditatif presque.
Le principe fondamental à comprendre : pour bien épiler, il faut un poil qui a du grip, qui a du nerf. Un poil mou, gras ou trop nourri, il te glisse entre les doigts et l'épilation devient un enfer pour toi et pour le chien.
Ton protocole avant stripping, c'est le même pour tous ces terriers ?
La base est la même, oui. J'ajuste dans les détails selon le chien. Mais l'ossature ne bouge pas.
Étape 1, quelques heures avant le bain — c'est un truc qu'on oublie souvent : j'applique du Super Keeper à sec sur tout le corps. Je masse doucement, je laisse agir. Le collagène et l'acide hyaluronique commencent leur travail bien avant que le chien touche l'eau. Ça change tout.
Étape 2, pré-bain Bio Energy avec une cuillère supplémentaire de Super Keeper incorporée. Pose cinq à sept minutes.
Étape 3, shampoing Keratin Pro. Sans négociation. C'est le shampoing "tension maximum" de la gamme, et c'est exactement ce qu'on cherche : donner du nerf, du grip, structurer la fibre pour qu'elle se laisse pincer proprement. Deux passages, bien concentré, rinçage abondant.
« Un poil dur bien préparé, tu l'épiles au bout des doigts, sans forcer. C'est le chien qui te "donne" son poil. »
Étape 4, et là c'est important : pas de masque nourrissant sur le corps. Surtout pas. Ça annulerait tout le travail du Keratin Pro. Par contre, sur les franges qu'on ne va pas épiler — la barbe, les pattes, le poitrail — je passe une petite quantité d'Hydrating Cream localement, parce que ces zones-là ont besoin de douceur.
Étape 5, séchage à contre-poil au pulseur, puis à la brosse pendant que ça sèche, dans le sens du stripping à venir.
Tu ajustes ce protocole selon la race ?
Oui, dans les nuances.
Le Schnauzer (nain, moyen, géant), c'est le terrier "sec" par excellence, très facile à épiler quand tu le prépares bien. Protocole standard, je peux même ajouter une cuillère de Bombastic dans mon Keratin Pro pour renforcer encore la structure. Barbe et sourcils par contre, hydratation locale obligatoire.
Le Fox Terrier, poil dense et bien serré, il aime le protocole tel quel. Attention à ne pas trop attendre entre deux épilations sinon le poil "descend" et devient plus difficile à travailler.
Le Cairn Terrier, poil un peu plus souple naturellement. Là je suis un peu plus vigilante sur le Super Keeper à sec avant bain, parce qu'il aide vraiment à raidir la fibre.
« Chaque terrier a sa personnalité de poil. Le Fox est dense, le Cairn est souple, l'Airedale est puissant. Tu adaptes ta main. »
Le Scottish Terrier, poil très dense, culottes très fournies. Protocole standard, mais j'insiste sur l'hydratation locale de la barbe et des culottes, qui sont conservées pour le look.
L'Airedale, c'est le roi des terriers, grande carrure, poil puissant. Il tolère très bien un Keratin Pro concentré. J'y vais franchement, ce chien il aime le travail direct.
Le Welsh Terrier, cousin de l'Airedale en plus petit, même approche. Protocole standard, ça marche à tous les coups.
Et le Westie, notre petit blanc chéri. Là j'ajoute mes soixante gouttes de Tech in Color A, le bleu anti-jaune, dans le shampoing. Ou alors j'utilise directement Aquablue pour la brillance du blanc. Le reste du protocole ne change pas.
Et si le stripping a été fait avant le bain ? On voit ça de plus en plus.
Alors là, tu inverses complètement la logique. Puisque le stripping est déjà fait, tu n'as plus besoin de grip. Tu veux nourrir, apaiser, refermer les follicules qui ont été sollicités.
Dans ce cas je pars sur Bain Pro classique, doux, avec une cuillère d'Hygro Fluid. Masque final Hydrating Cream partout, franges et corps. Le chien ressort brillant, apaisé, et prêt pour son nouveau cycle de pousse.
Chapitre · 03
Le chien d'expo : zéro nœud, poil lissé
Beaucoup de handlers viennent chez toi la veille d'un show. Comment tu prépares un chien d'exposition ?
Un chien d'expo, c'est un travail où il n'y a aucune place pour l'à-peu-près. Pas un nœud, pas un poil mal placé, un lissage impeccable, une brillance qui doit se voir depuis les gradins. Et le tout doit tenir jusqu'au ring le lendemain.
Le premier principe, c'est anticiper. Un chien d'expo bien préparé, ça se joue à J-3, pas à J-1. Le poil doit être en bon état avant même que tu commences à le laver.
Ton protocole show, dans le détail ?
Étape par étape.
Un, brossage minutieux à sec, cardeur puis peigne large. Je démêle tout, calmement, sans forcer. Sur les zones sensibles je vaporise un peu d'Aqua Beauty ou de Mix Pink pour faciliter, ces deux-là sont excellents en démêlant préventif.
Deux, pré-bain Bio Energy, dosage classique, avec une cuillère de Hygro Fluid et une pression de 4 Éléments Oil incorporées. C'est mon cocktail préparation à moi.
Trois, premier shampoing selon le type de poil : Peach Blossom si on est en saison et qu'on veut du volume aéré, sinon Bain Pro pour le classique, ou Platinum Pro si on cherche vraiment du corps.
Quatre, deuxième shampoing plus léger, Bain Pro systématiquement. Le premier a nettoyé, le deuxième soigne. Cette double approche est indispensable pour un show.
« Pour un show, je monte toujours un cocktail avec Glossy Pose, Villanelle et 4 Éléments. C'est ma signature, personne ne l'égale sur les longueurs. »
Cinq, soin final, et là c'est là que ça se joue vraiment. Sur les chiens à longueurs — Setter, Afghan, Yorkshire, Cocker — je monte un vrai cocktail : Glossy Pose comme base beurrée, une pression de Villanelle pour le démêlage prolongé, et une pression de 4 Éléments Oil. Je fouette pour homogénéiser, j'ajoute un peu de Bio Energy Plus pour améliorer le brushing, et j'applique généreusement. Je laisse poser dix minutes, puis rinçage léger — je ne rince pas complètement.
Six, le séchage. Et là on peut parler des outils.
Justement, tu utilises l'Aeolus au pulseur et le Supajet au séchage. Pourquoi cette combinaison ?
Parce qu'un chien d'expo, ça se sèche en deux temps. Et chaque outil a son rôle.
Le pulseur Aeolus, je l'utilise en sortie de bain, sur poil tamponné. La puissance permet de repousser l'eau vers l'extérieur du poil sans le brutaliser, et de commencer à démêler mécaniquement avant même que la chaleur intervienne. Sur un chien à double couche c'est indispensable, ça évite que l'eau reste piégée dans le sous-poil. Et surtout, ça pré-sèche sans dénaturer la fibre.
Le Supajet, c'est la finition. Un séchoir professionnel avec un débit d'air puissant mais contrôlé, chaleur ajustable. Là je travaille avec ma brosse, mèche par mèche, en tendant le poil pour le lisser. C'est ce qui donne l'effet "coiffé" du chien d'expo. Un poil qui a été séché à la brosse et au Supajet, il tombe droit, il brille, il se tient.
« L'Aeolus t'enlève l'eau, le Supajet te donne la ligne. Sans les deux, tu n'as pas le résultat show. »
Sans ces deux outils, honnêtement, tu peux avoir les meilleurs cosmétiques du monde, tu n'auras pas le rendu. C'est comme un peintre qui aurait de belles couleurs sans pinceaux.
Et petit détail qui compte : la Villanelle que j'ai mise dans le soin final, elle joue un rôle énorme au séchage. Ses actifs volatils accélèrent l'évaporation, le chien passe donc moins de temps sous le chaud, la fibre est moins stressée. Sur un chien d'expo qu'on ne veut surtout pas fatiguer, c'est précieux.
Chapitre · 04
Gros débourrage : gagner du temps
Dernier gros sujet : les gros débourrages sur poils doubles. Bergers, Golden, Spitz en mue, Bouviers… c'est le cauchemar de beaucoup de toiletteuses. Comment tu gagnes du temps ?
Le débourrage c'est physique, c'est long, et c'est là où tu peux perdre une matinée entière si tu n'as pas la bonne méthode. Mais avec les bons outils et les bons produits, tu peux diviser ton temps par deux facilement.
Mon arme secrète, c'est l'Hydra Boost. C'est un système d'application sous pression qui te permet de faire pénétrer tes cosmétiques dilués en profondeur dans le sous-poil et jusqu'à la peau. Sur un chien à triple épaisseur de sous-poil, essayer d'appliquer un pré-bain à la main c'est mission impossible — tu restes en surface. Avec l'Hydra Boost, en quelques minutes tu as saturé toute la fourrure.
Ton protocole débourrage complet, du début à la fin ?
Alors on y va. C'est long à décrire mais efficace.
Étape 1, pulseur à sec au Aeolus. Je consacre facilement dix minutes à souffler le chien avant même de l'approcher de l'eau. Tu serais surprise de la quantité de poil mort qui se détache juste avec ça. C'est du temps qu'on gagne pour la suite.
Étape 2, mise en baignoire, mouillage complet du chien à l'eau tiède. Sur les gros gabarits j'aime bien commencer par les pattes et remonter, ça les habitue.
Étape 3, application via l'Hydra Boost d'un mélange Bio Energy + Hygro Fluid bien dilué. La pression permet de faire pénétrer le mélange jusqu'à la peau, dans tous les recoins du sous-poil. Ça, c'est le vrai game changer par rapport à une application manuelle. Je laisse poser cinq bonnes minutes et je brosse en même temps — cardeur d'abord, puis peigne. Beaucoup de poil mort part à ce moment-là.
Étape 4, premier shampoing via l'Hydra Boost à nouveau : Aqua Pure ou Blue Sky Pro selon l'état de saleté. Sur chien vraiment négligé je pars sur Blue Sky Pro qui est plus cleansing.
« L'Hydra Boost avec Special One, c'est pas un gadget. C'est vingt minutes de gagnées par gros chien, et un chien mieux nettoyé. »
Étape 5, deuxième shampoing : Bain Pro + Hygro Fluid ou Peach Blossom si on est en saison estivale. Rinçage abondant.
Étape 6, et c'est ma botte secrète : soin final au Villanelle. Ce produit est fait pour ce cas précis, il dissout ce qui reste de poil mort, accélère le séchage annoncé jusqu'à -40%, et laisse un poil soyeux. Sur un débourrage important j'en incorpore aussi une pointe dans le deuxième shampoing pour un effet booster — la marque le recommande d'ailleurs comme protocole d'urgence.
Étape 7, deuxième passage au pulseur Aeolus. Là encore, tonnes de poil mort qui partent. Puis séchage au Supajet, en travaillant mèche par mèche à la brosse.
Résultat sur un Berger Australien standard : là où avant j'avais deux heures et demie de travail, aujourd'hui je fais ça en une heure quinze. Le chien ressort débourré à fond, sec, lissé, apaisé. Et le propriétaire ne retrouve plus de poil dans son salon la semaine suivante — ce qui pour eux c'est le vrai indicateur de qualité.
Un mot pour conclure, Katia ?
Je dirais deux choses.
La première, c'est que le métier de toiletteuse évolue en profondeur. On n'est plus juste des gens qui lavent des chiens. On est des professionnels de la peau et du poil, on collabore avec les vétérinaires, on utilise des outils de plus en plus techniques, on manipule des cosmétiques qui rivalisent avec ce qu'on trouve en cosmétique humaine haut de gamme. Il faut être fière de ce qu'on fait, et se former en permanence.
La deuxième, c'est qu'aucun outil, aucun produit, ne remplacera jamais la main et l'œil. La baignoire ozone, l'Hydra Boost, l'Aeolus, le Supajet, Special One — tout ça c'est fantastique, ça change vraiment la donne. Mais si tu n'as pas le sens du chien, si tu ne sais pas lire une peau et écouter un poil, aucun de ces outils ne fera de toi une bonne toiletteuse.
« Les outils augmentent une bonne toiletteuse. Ils ne sauvent pas une mauvaise. C'est important de ne jamais l'oublier. »
Alors formez-vous, allez chez les collègues que vous admirez, observez, posez des questions. Et surtout, prenez soin de vous — c'est un métier physique et exigeant, on l'oublie trop souvent. Un dos cassé à quarante ans, une tendinite chronique, c'est le prix qu'on paie si on ne se protège pas.
Voilà. Merci à vous pour cette interview, ça faisait longtemps qu'on m'avait pas laissé le temps de parler comme ça.